Guides pratiques

Les 3 questions à se poser avant d'automatiser quoi que ce soit

Greg Balastegui 6 min de lecture

Il y a une erreur que je vois régulièrement dans les PME qui veulent se moderniser.

Elles automatisent trop vite.

Pas parce qu'elles automatisent mal. Parce qu'elles automatisent sans avoir répondu aux bonnes questions en amont.

Et automatiser une mauvaise façon de travailler, c'est simplement aller plus vite dans la mauvaise direction.

Avant chaque mission, je pose 3 questions. Toujours les mêmes. Elles prennent 30 minutes. Et elles évitent souvent des semaines de travail inutile.


Question 1 : est-ce que cette tâche devrait exister ?

C'est la question que personne ne pose — parce qu'on suppose que si une tâche existe, c'est qu'elle a une raison d'être.

Ce n'est pas toujours vrai.

Dans beaucoup de PME, il y a des tâches qui existent parce qu'elles ont toujours existé. Pas parce qu'elles créent de la valeur aujourd'hui. Pas parce qu'elles sont nécessaires dans l'organisation actuelle. Juste parce que personne n'a eu le temps de s'arrêter pour se demander si elles servaient encore à quelque chose.

Avant d'automatiser, demandez-vous : si cette tâche disparaissait demain, qu'est-ce qui changerait vraiment ?

Si la réponse est "pas grand chose" — supprimez-la. Ne perdez pas de temps à l'automatiser.

Si la réponse est "quelque chose d'important" — passez à la question suivante.


Question 2 : est-ce que cette tâche est suffisamment stable pour être automatisée ?

Une automatisation repose sur des règles fixes. Si les règles changent souvent, l'automatisation casse souvent.

Certaines tâches semblent répétitives mais comportent en réalité beaucoup de variations. Le devis standard — mais chaque client a ses spécificités. La relance client — mais le ton change selon la relation. Le compte-rendu de réunion — mais chaque réunion est différente.

Ces tâches peuvent être partiellement assistées par l'IA. Elles ne peuvent pas toujours être entièrement automatisées.

Avant de lancer un chantier, évaluez le niveau de standardisation réel de la tâche :

Si elle se passe de la même façon 90% du temps → automatisation complète possible. Si elle varie à 50% → automatisation partielle, assistance IA. Si chaque occurrence est unique → l'IA aide, mais l'humain reste aux commandes.


Question 3 : est-ce que les données en entrée sont fiables ?

C'est la question la plus technique — et pourtant la plus concrète.

Une automatisation ne peut produire de bons résultats que si les données qu'elle utilise sont propres, complètes et à jour.

Vous voulez automatiser vos relances clients ? Vos données clients doivent être dans un seul endroit, bien renseignées, avec les bonnes dates.

Vous voulez automatiser votre reporting commercial ? Les chiffres doivent être saisis correctement et régulièrement par toute l'équipe.

Vous voulez automatiser votre onboarding ? Les informations du nouveau client doivent être collectées de façon structurée dès le départ.

Le problème que je rencontre le plus souvent n'est pas un problème d'automatisation. C'est un problème de données. L'automatisation est prête — mais les données qu'elle doit utiliser sont dans 3 endroits différents, mal renseignées, incomplètes.

Avant d'automatiser, assurez-vous que les données en entrée sont fiables. Sinon, commencez par là.


Ce que ces 3 questions changent

Ces 3 questions ne ralentissent pas l'automatisation. Elles l'orientent.

Elles permettent d'éviter 3 erreurs classiques :

  • Automatiser une tâche qu'on aurait dû supprimer.
  • Automatiser une tâche trop variable pour fonctionner sans exception.
  • Automatiser un process dont les données d'entrée sont trop approximatives pour produire des résultats fiables.

Dans les chantiers que j'accompagne, ces 30 minutes de questionnement en amont économisent régulièrement des semaines de travail inutile — et des automatisations qui ne fonctionnent pas vraiment dans la réalité.


Ce qui vient après

Une fois que vous avez répondu à ces 3 questions et identifié une tâche réellement automatisable, le chantier peut commencer.

En général, les premiers résultats arrivent vite. Parce que la réflexion en amont a été faite. Parce qu'on sait exactement ce qu'on cherche à obtenir, dans quelles conditions, avec quelles données.

C'est ça la différence entre une automatisation qui tient dans le temps et une automatisation qu'on abandonne 3 semaines après l'avoir mise en place.


Vous avez une tâche en tête et vous voulez vérifier si elle coche les 3 cases ?

Réservez un appel découverte de 30 min. On fait l'évaluation ensemble — et si c'est le bon moment pour automatiser, on définit le plan.

Envie de voir ce que ça donnerait pour votre équipe ?

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